aff UP Radio

Merci de nous prêter vos yeux et vos oreilles ! UP Radio La radio exclusivement nouvelle scène et scènes émergeantes. Pour attiser votre curiosité, écoutez UP Radio!


en texte à texte avec
Rue Barbe
 

1) Vous, en quelques mots :

Rue Barbe est le dernier visage de la collaboration entre deux protagonistes qui s'amusent depuis plus de dix ans à écrire et à composer des mélopées sauvages et inconnues de tous. Ce dernier opus qui est finalement le premier car tous les précédents n'ont jamais été édités, ni distribués, est intitulé "Fruit d'homme", album de chansons à cordes avec deux guitares classiques, une basse, une batterie et quelques notes de saz. Cet album se présente comme un objet artisanal, parmi d'autres dans le collectif Terre Native, destiné à la vente et à la diffusion mais à priori pas à la scène pour la bonne et simple raison qu'il n'existe pas de formation pour la reproduire... Alors, faites tourner...

Écoutez, écoutez...


2) La couleur de vos sons :

Si nous devions lui donner une couleur, cette rencontre musicale à tendance lyrique pourrait puiser son inspiration chez les incontournables Noir Désir, Brigitte Fontaine, Hubert Félix Thiefaine ou bien encore Mano Solo. Mais en réalité, il est difficile d'apposer une étiquette sur cette œuvre qui délivre au travers de son authenticité, une réelle identité.

Des mots qui touchent accompagnés de notes enivrantes, une dose de folie, un altruisme clairement exprimé avec un regard lucide sur les méandres d'une civilisation à la dérive.

Libre à chacun de s'en imprégner afin de capter cette douce intention...


3) Vos textes :

BIG RED SUN

Et la vie est définitivement une question de priorité. Elle veut vivre pour que tu comprennes que dans dans ta caboche sont les dangers. Mais dans ma tête sonnent les sirènes...

I've got a big red house and two spray guns,

I've got a big red car and a big red sun.

I've got a big red house and two spray guns,

I've got a big red car and a big red sun.

Elle ne peut pas dormir, à l'abordage sous les regards sombre.

Elle recrache la fumée dans les catacombes les yeux maquillés de noir, je veux courir. Nos vies murmurent et grondent dans les silences qui percent les ondes à n'en plus finir... Si le mal est fils je me coupe une couille et je te la donne en souvenir pour que tu te rappelle qu'elle est une bombe. Elle ne peut pas dormir, je regrette de ne pas comprendre que six fois six font trente six raisons de ne pas comprendre...


LA FOURMILIERE

Comme une main tendue dans le vide, elle noie l'inconnu du sens en rimes. Comme un cacheton effervescent, elle jouit du paradis où nous vivons. Dans deux ou trois tonneaux à pif elle récupère l'eau de pluie, puis nourrit le cœur profond quelques familles de potiron. Puis dans une amertume soudaine face au boucan d'un avion de guerre, elle agrandit son jardin dans des mouvements violents. Puis elle rit devant sa réaction étonnante et rit encore, puis elle danse et chaque bol d'air est une transe...

Et elle traversera le grondement de la fourmilière telle une âme en paix, légère...

Dans ce théâtre champêtre qui nous sourit elle fond en larmes puis méprise le sens commun de l'existence, la vérité n'est qu'une trace. Un doigt posé sur la buée de ses carreaux, elle déroule légère. Elle n'a qu'à transmettre son amour à ses marmots, pulvérisant l'actif cupide et ses pervers.

Et elle traversera le grondement de la fourmilière telle une âme en paix, légère...

Puis elle se jettera dans la mer pour fuir le parcage au cimetière... Puis elle se jettera dans la mer, un vol plané plongeant, une poussière...

Et elle traversera le grondement de la fourmilière telle une âme en paix, légère...


HASTA SIEMPRE

Pura vida en el campo, en la casa de mis suenos al lado de un rio, con el cuchillo y mis corones. Tocando, cantando, reimos de nosotros. Hasta siempre amigo y vecino...

On s'est retrouvé "por el camino de la vida". C'est l'histoire d'un courant d'air de la vie qui nous supporte, qui nous supplie. Se profile devant nous un large sourire, une accolade, une larme et quelques rides, quelques cheveux gris...

Hasta siempre amigo y vecino...

Sur la table ronde de la gloriette, velas y pastis. A l'horizon on devine par ci par là les notes d'un sentiment de joie, et l'amertume amoureuse glisse sous nos pas...

Hasta siempre amigo y vecino...


COUPE DE PLUME

Un coup de plume sous la lune réchauffe le corps. Il se lève dans le déclin du jour le crayon en étendard, le hasard comme chapelle dans les circonstances et la mort. Il ballait sa feuille de tout son corps dans la montée du soir.

Et s'installe en lui l'attrait du tripot, le retour à la marmite au chaud dans le troupeau. La marre de la vie où trempe sa tête, l'amarre se raffermit dans le tourbillon de la fête.

Il veut souffler ce château de cartes aux allures de forteresse, se libérer de lui même s'engourdir dans l'instant. Saboter la trotteuse dans le cadran qui nous oppresse, laisser le jour nous surprendre et vomir le poison. Dehors il s'est mit à pleuvoir à grosses larmes. Il sort son parapluie et s'en sert comme canne. Il rentre l'allure douce comme un combattant sans arme.

Il laisse tout et referme la vanne.

Il regarde le monde entre lutte et ruse, chercher dans les décombres les jeunes pousses.

Puis songe à sa mère, son sang s'amuse, s'éclaircit l'ombre et s'allonge dans la mousse.



QUE LA NUIT DURE

Que la nuit dure criait-on avant qu'elle passe, sans lendemain, l'esquisse entre deux mains . Fragiles dans l'embouchure de cet espace, de l'air au sol, dans les couloirs de cette étreinte.

Que la vie fuse et ricoche comme un hasard dans l'interstice des timbres aléatoires

qui bousculent le commun qui nous essore de la magie, du lien qui nous raccorde.

Que la nuit dure et ne chute pas. Espérait-on en cette histoire. Que jeunesse se fasse, ne se termine pas, ne pas cacher les clés dans le fond d'un tiroir.

Mais le soleil nuis à cette éternité, vient corrompre la nuit de sa beauté. L'appareil bascule à l'envers renversé, l'élan recule en vers enchevêtrés.

A force et à mesure nous finirons par nous épuiser de cette douce torture dans le fleuve. Attendant le réconfort de l'approche de la cloche, consumant l'essor, et le vide dans nos poches.




4) Vos principales influences :

Rue barbe s'exprime au travers de la chanson et tire son inspiration de ce que la vie donne et prend. L'idée est de livrer, à travers la musique un peu de soi et de le confronter à l'écoute des autres. Sans doute dans l'objectif peu avouable de chercher auprès de ces oreilles, la bouche qui nous dira qui nous sommes vraiment. C'est un essai au support musical qui tente de comprendre la part d'intimité universelle que nous abritons tous. C'est un message envers l'Autre adressé à soi.


5) Votre discographie :

Nous n'avons jamais sorti d'album à proprement parler, Fuit d'homme est le premier à être diffusé, on s'est laissé convaincre qu'à l'homme de la rue, nous avions des comptes à rendre... Ceci dit, un tas de productions musicales et artisanales traine dans nos armoires... Quelques titres sont dispo en libre écoute sur le blog de notre collectif dans le Tarn : terrenative.eklablog.com










rue barbe

6) Vos prochaines dates :

Rue Barbe ne se produit pas pour le moment pour la bonne et simple raison qu'il n'existe pas de formation pour la reproduire... Nous commençons à être sollicités, peut-être un jour...



7) Votre coup de coeur du moment (musical, littéraire, cinématographique...) :

8) Des projets?

Acheter un bout de terrain et continuer à vivre...

9) En résumé... :

Ce duo d'amis tarnais ne compte plus le nombre d'années passées à boeufer et à composer ensemble. Plusieurs albums auraient pu voir le jour, oui, mais c'est « Freedom » (euh, pardon, « Fruit d'homme »! ) qui perce, à présent, jusqu'à nous. Un ouvrage artisanal et mûr, autoproduit d'un bout à l'autre et inscrit dans un large projet collectif et éco-responsable (construction de yourtes, d'éoliennes...). L'intention est ici de partager en soi, ses appétits de liberté et de délivrance, que Guilhem clame d'une belle fièvre avec des grelots-gravats dans la voix tel un Mano Solo et la diction d'un fameux Georges. Ainsi, sur de tournoyantes mélodies acoustiques (guitares sèches/batterie), ondoie une poésie oscillant entre lucidité et mélancolie, parvenant à « saboter la trotteuse dans le cadran ». 

Joli ! Mag.



Rue Barbe

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