Une histoire de résistance, de rêves et de racines
Ségou, c’est déjà un nom chargé d’histoire. Cité mythique de l’Empire bambara, ville carrefour sur le fleuve Niger, elle a vu des rois, des brassages, des marchés, des griots. Et justement, c’est pour célébrer cette mémoire vivante que le Festival sur le Niger a été créé par la Fondation Festival sur le Niger, portée par Mamou Daffé, entrepreneur et mécène local.
Le tout premier festival en 2005 ? Un pari fou. Le Mali sortait d’une période difficile, et rares étaient ceux qui misaient sur la culture pour rassembler. Pari tenu : en 2011, le festival affichait déjà 40 000 spectateurs (source : Jeune Afrique), avec plus de 20 nationalités représentées – et une visibilité qui dépassait largement les frontières africaines.
Le Festival a aussi résisté. Sauvagement. En 2012, lors de l’occupation du nord du Mali, alors que la plupart des grandes rencontres culturelles étaient annulées pour raisons de sécurité (comme le célèbre Festival au Désert à Tombouctou), Ségou a maintenu sa scène. L’événement s’est recentré, sécurisé, parfois réduit, mais n’a jamais éteint la flamme : un acte de résistance culturelle, salué par l’UNESCO.