Raï : la tempête algérienne devenue pop planétaire
Oran, 1980. La ville bouillonne, c’est la fête, la rébellion, le cœur piétiné, les rêves de départ. Le raï jaillit dans les rues des quartiers populaires — c’est la voix des marginaux, souvent moquée, parfois censurée (“raï” veut dire “opinion” ou “avis” en arabe). Au début, la musique est brute : flûte, derbouka, cheikha (chanteuse charismatique), guesba (flûte rustique), gasba (flûte pastorale).
Puis arrivent les synthés, les boîtes à rythmes, les cuivres… et la révolution. Cheb Khaled, Cheb Mami, Rachid Taha : tous injectent du reggae, du funk, de la pop occidentale. “Didi” de Khaled explose à la Coupe du Monde 1998 — 4 millions de disques vendus. Même Sting, sur “Desert Rose”, reprend des codes du raï emmené par Cheb Mami.
- Le beat du raï est rapide, bousculé, avec un côté transe et une liberté de parole qui fait souvent débat (amours interdites, alcool, critique sociale).
- À écouter : Khaled, “Abdel Kader”, ou l’album “Made in Medina” de Rachid Taha pour capter l’énergie électrique du genre.